14 avril 2008
.
ou
Entrez dans la galerie
Coup de coeur pour une Ilienne
L'îlienne rêve encore...
Et tous ses rêves sont des poèmes
Qu'elle retrace à l'encre marine.
Et c'est un peu de mer retrouvée
A chaque vers qu'elle jette sur la blanche page
A chaque phrase vague qu'elle ancre dans l'abîme.
Mais sur la page imbibée de rêves d'encre bleue,
L'encre s'est effacée, le rêve s'est évanoui!
Et de nouveau, la page pâle est à remplir
De rêves d'océan...
L'Ilienne
Son site http://lilienne.blog.mongenie.com/
Quelques uns de ses textes sont à découvrir à travers les différentes pages de ce site.
19 mars 2008
Rivière Langevin, cascade Jacqueline

.
ArtsCad.com - Pierre-Paul Bellemène
Bord de mer
03 septembre 2007
Sous-bois
13 août 2007
20 mai 2007
Le poète réunionnais Charles Marie René LECONTE DE LISLE
Le manchy
1858
Sous un nuage frais de claire mousseline,
Tous les dimanches au matin,
Tu venais à la ville en manchy de rotin,
Par les rampes de la colline.
La cloche de l'église alertement tintait ;
Le vent de mer berçait les cannes ;
Comme une grêle d'or, aux pointes des savanes,
Le feu du soleil crépitait.
Le bracelet aux poings, l'anneau sur la cheville,
Et le mouchoir jaune aux chignons,
Deux telingas portaient, assidus compagnons,
Ton lit aux nattes de manille.
Ployant leur jarret maigre et nerveux, et chantant,
Souples dans leurs tuniques blanches,
Le bambou sur l'épaule et les mains sur les hanches,
Ils allaient le long de l'étang.
Le long de la chaussée et des varangues basses
Où les vieux créoles fumaient,
Par les groupes joyeux des noirs, ils s'animaient
Au bruit des bobres madécasses.
Dans l'air léger flottait l'odeur des tamarins ;
Sur les houles illuminées,
Au large, les oiseaux, en d'immenses traînées,
Plongeaient dans les brouillards marins.
Et tandis que ton pied, sorti de la babouche,
Pendait, rose, au bord du manchy,
À l'ombre des bois-noirs touffus et du letchi
Aux fruits moins pourprés que ta bouche ;
Tandis qu'un papillon, les deux ailes en fleur,
Teinté d'azur et d'écarlate,
Se posait par instants sur ta peau délicate
En y laissant de sa couleur ;
On voyait, au travers du rideau de batiste,
Tes boucles dorer l'oreiller,
Et, sous leurs cils mi-clos, feignant de sommeiller,
Tes beaux yeux de sombre améthyste.
Tu t'en venais ainsi, par ces matins si doux,
De la montagne à la grand'messe,
Dans ta grâce naïve et ta rose jeunesse,
Au pas rythmé de tes hindous.
Maintenant, dans le sable aride de nos grèves,
Sous les chiendents, au bruit des mers,
Tu reposes parmi les morts qui me sont chers,
Ô charme de mes premiers rêves !
Leconte de Lisle









